Wing Shun
 
(Site de Sifu Didier Beddar : www.wingchunbeddar.com)

NAISSANCE D'UN ART DU COMBAT

Wing Chun est un style de Kung Fu défini et reconnu comme la science des poings. Son développement donne au pratiquant la capacité de s’adapter à son adversaire. Quelque soit l’application et la technique employée, ce style enseigne comment parvenir à son objectif sans pour autant utiliser la force. Tout comme l’eau pénètre n’importe quelle ouverture sans pour autant être saisie. Le Wing Chun est l’un des rare style à conserver tous les principes essentiels de l’art de combat. Basé sur le Yin-Yang (interne, externe), sa méthode d’enseignement offre aux pratiquants d’arts martiaux les éléments essentiels pour une meilleure compréhension des arts de combats.

Théorie du centre : La ligne centrale

La ligne centrale est une ligne imaginaire que le pratiquant utilise pour faire face à son adversaire. Elle dessine à travers des points situés face à lui, là ou il peut croiser ses poignets à des niveaux différents, bas, milieu, haut, sans pivoter son corps. Utilisant cette ligne imaginaire pour faire face à son adversaire, le pratiquant est capable d’utiliser ses deux bras en même temps. Là où les poignets ne peuvent se croiser sans pivoter le corps le pratiquant se trouve hors de la ligne centrale. A ne pas confondre avec la ligne du centre, qui est la ligne imaginaire divisant verticalement le corps en deux parties. La plupart des organes vitaux du corps et des points de pression se trouve sur la ligne du centre. Éviter de combattre force contre force Les pratiquants de Wing Chun préfèrent si possible dévier la force de l’adversaire plutôt que de la bloquer. Par conséquent, de nombreuses techniques de bras impliquent des mouvement rotatifs et des petits mouvements circulaires. pour simple raison que le système Wing Chun favorise les forces dans la défense à travers un déplacement très important. Le positionnement assure une efficacité plus grande dans toutes les techniques.

FONCTIONNEMENT

Coordination : système réflexes
Utilisation des réflexes aux contacts durant les échanges.
Mobilité : le pratiquant de Wing Chun doit être capable de se déplacer rapidement et prudemment d’une position à une autre en défense, et dans le cas d’une attaque le pratiquant doit être capable de combler une lacune avec la protection adéquate du corps.

Interception : pour le pratiquant de Wing Chun, l’habileté à interrompre son mouvement est absolument essentielle. Il préfèrera sacrifier la vitesse et la puissance de son mouvement pour être capable de l’interrompre. Il apprend à se déplacer rapidement en équilibre d’une position a une autre et en même temps à interrompre ce mouvement à n’importe quel point et à tout moment.

Stabilité et équilibre : le pratiquant doit être capable de générer la puissance dans ses coups à travers des positions solides. Le système Wing Chun utilise une répartition égale du poids du corps dans ses positions pour agir en toute efficacité à toutes les actions de l’adversaire et de parer à toute éventualité sans avoir à déplacer son poids du corps d’une jambe à une autre ce qui facilite la décision dans l’action.

Utilisation des deux bras en même temps
Ceci implique que le pratiquant doit bouger ses bras indépendamment de ses épaules et de son corps. Pour développer cette habileté, il faut pratiquer Shil Lim Tao d’une façon correcte. Aussi cette formes entraîne l’esprit à être capable de contrôler les deux bras en même temps. Une des critiques majeures du Wing Chun est due au fait que les mouvements des bras sont indépendants, il semble qu’il n’y ait pas de continuité, donc pas de puissance. Ceci est certainement faux. La puissance est le résultat de la vitesse et de la continuité dans le mouvement. Le pratiquant compétent de Wing Chun est entraîné à utiliser les déplacements de son corps. Il peut aussi obtenir une très grande vitesse sur une distance très courte.

CHI SAO mains collantes
Certains pratiquants regardent à tort le Chi Sao comme méthode de lutte, ce qu’il n’est pas. C’est plus justement une méthode d’entraînement, un guide dans l’apprentissage d’un style particulier ; il peut-être utile pour positionner correctement les mains pour étudier les lignes et les angles économiques, et surtout, il permet de cultiver le sentiment du "flot constant d’énergie". En d’autres termes le Chi Sao sert à garder son centre dans l’attaque aussi bien que dans la défense tout en infiltrant le système de défense de l’adversaire grâce à la poussée constante, aux sensations lors du contact et au relâchement musculaire dans l’exécution de chaque techniques, tout en incluant l’étude des angles et les lignes les plus économiques.

TAO (FORMES)

Shil lim (petite idée)
Shil Lim nous enseigne la théorie du centre. il s’agit d’utiliser les techniques conformément aux principes de la forme. Un des premiers principes de cette forme consiste à garder son centre aussi bien dans l’attaque que dans la défense tout en prenant possession de celui de l’adversaire. Le deuxième principe est lié à toute action réalisée : il consiste à créer un relâchement total dans l’exécution de chaque technique. Le compromis entre le doux et le dur est à la base de beaucoup de styles internes. En réussissant à diminuer la force par un relâchement musculaire, nous augmentons notre efficacité initiale. C’est ce que l’on entend par diminuer pour augmenter (voir le symbole yin-yang). Lors de ce relâchement le corps est plus libre de ses mouvements permettant ainsi à l’énergie de circuler plus facilement. Il utilisera de préférence des techniques lui permettant de dévier les attaques de son adversaire plutôt que de les bloquer. Tout ces concepts font partie des bases élémentaires du Kung Fu.

Chum Kil (faire le pont)
Chum Kil nous enseigne l’art de se déplacer en trouvant l’angle d’attaque ou de défense idéal. Il faut à ce stade utiliser les principes de Shil Lim Tao et les appliquer à Chum Kil. Coordonner toutes techniques aux déplacements afin de trouver une plus grande puissance. Considérons à présent l’attaque d’un individu, il utilisera son approche et sa technique pour vous toucher. Le pratiquant apprend à analyser et à exploiter les angles d’attaque choisis par l’adversaire pour pouvoir se positionner de manière à réduire et à avoir connaissance de toutes les possibilités humainement réalisables par son adversaire. C’est pourquoi Chum Kil traite principalement de l’étude des angles, de façon à handicaper le fonctionnement biomécanique de son adversaire, ainsi le pratiquant de Wing Chun après expérience sait exactement quelles sont les possibilités d’attaques de son adversaire et ceci quelque soit le style pratiqué par son opposant.

Bil Gee
Nous pouvons traduire Bil Gee par "les doigts qui transpercent ou le toucher de la mort". La forme consiste en grande partie à développer l’art des frappes. Elle met l’accent sur la précision des touches. En Wing Chun l’art des frappes avec les doigts se nomme Bil Gee ou plus communément le Dim Mak. Le Dim Mak, l’art de toucher les points vitaux, est utilisé pour meurtrir ou pour guérir. Il y a une relation très étroite avec l’acupuncture. Le Dim Mak repose en grande partie sur un tracé spécial de points vitaux et son utilisation dépend de la chronobiologie, à savoir l’heure, le jour, la nuit, les saisons. Nombre d’arts traditionnels chinois incluent cette science réduite aujourd’hui à la simple expression des frappes, à l’exception des rares maîtres capables de l’utiliser en pratique. Les textes sur le Dim Mak insistent sur la vulnérabilité de ces points, qui, selon la chronobiologie et une fois endommagés, peuvent déterminer la vie ou la mort d’une personne. Ces dommages peuvent provoquer des convulsions et des dérèglements énergétiques, non seulement dans l’immédiat mais également différés dans le temps.

Mook Jong
Le mannequin de bois ou « Mook Jong » se compose généralement d’un tronc immobile et rigide dont les deux bras correspondent au niveau supérieur du corps. Ses bras, disposés en angle, délimitent la partie du corps allant de la tête jusqu’au plexus. Il possède également un troisième bras qui délimite la partie moyenne du corps allant du plexus jusqu’au bas ventre, et une jambe figurant la partie inférieur du corps de l’adversaire. La structure du mannequin permet de s’exercer au moyen de faire face à toutes sortes d’attaques, que celles-ci soient hautes, moyennes et basses, directes ou circulaires.

Si l’entraînement au mannequin de bois fait partie intégrante des différents styles de Kung-fu du sud de la Chine, la forme du mannequin peut changer sensiblement en fonction de ces styles. Ce qui explique que les professeurs ou maîtres de Kung-fu, appelés traditionnellement « sifu », adaptent leur mannequin aux techniques qu’ils pratiquent et que, de ce fait, il en existe différents types. C’est la raison pour laquelle, à l’instar des autres grands systèmes du sud de la Chine – tel le système « Choy Lee Fut » (dit style du léopard) qui est né également au sein du Temple Shaolin –, le Wingchun utilise un mannequin de bois adapté à ses mouvements spécifiques.

Quel que soit néanmoins le style adopté, l’entraînement au mannequin de bois aide les pratiquants des différents styles à développer, par leur travail, de nombreuses qualités telles que l’adresse, la précision, la coordination, la dextérité, la rapidité ou encore la puissance. Le mannequin de bois permet ainsi d’améliorer les qualités de chacun et d’explorer son potentiel, le but d’un tel travail étant de développer l’adresse au combat.

Toutes les composantes techniques de la forme « Sil lim tao » peuvent être isolées et travaillées séparément au mannequin de bois. Chaque technique peut être étudiée et analysée minutieusement afin d’approcher le combat d’un point de vue aussi objectif que possible. L’immobilité du mannequin donne au pratiquant l’occasion de parfaire ses mouvements par la prise en compte des angles et des distances d’attaques. L’essentiel étant, d’une part, de trouver le système de défense adéquat par rapport à ces attaques et aux déplacements qu’elles supposent mais aussi, d’autre part, d’acquérir une fluidité dans l’effectuation des mouvements.

Bien qu’il soit un précieux outil de travail, il faut souligner cependant que le mannequin de bois ne peut remplacer un partenaire d’entraînement. En effet, à la différence d’un partenaire réel, la rigidité du mannequin de bois peut provoquer, chez le pratiquant, une perte de fluidité dans l’exécution de ses mouvements. C’est pourquoi le sifu enseigne à ses élèves la manière de diffuser l’énergie cinétique produite par les mouvements spécifiques du Wingchun sur le mannequin de bois sans s’y heurter.
 

Kung Fu Wushu
 

le Tai Ji Wu Hsing Tong Bei ou Tong Bi ou Dong Bi Quan
est le style traditionnel chinois très ancien (13ème siècle environ) enseigné cette année en cours d'initiation par ARTAA.
Cette "boxe chinoise", très originale, est parfois appelée "Boxe du singe blanc", ou du grand singe, car à l'origine, c'était un gestuel zoomorphe (qui imite un animal).
Cette forme ancestrale de Kung Fu fut utilisée par la famille CHEN au 16ème siècle pour créer le TAI JI QUAN !

Malgré une apparente grande différence, le TAI JI QUAN et le TRONG BEI CHUAN utilisent les mêmes principes; dans le TRONG BEI CHUAN, ces principes sont très exagérés (du moins, en début d'apprentissage!), alors que dans le TAI JI QUAN, ces principes de bases d'utilisation du corps et de l'énergie sont plus discrets dans la forme lente et un peu moins discrets dans la forme rapide du TAI JI appelée "POING CANON" (PAO CHUI), forme peu connue du grand public.

Ces principes communs sont:
1- Rôle majeur du tronc (colonne) : TRONG BEI CHUAN = Boxe de la force à travers le dos ou Boxe du dos traversé
2- Utilisation très marquée des étirements et de l'alternance de Ouvrir / Fermer (KAI/HE) générant une force élastique (ressort - fouet) TAN JING.
3- Continuité: il n'y a pas d'arrêt (fluidité).
4- Circularité: Utilisation de l'énergie du cercle, de la spirale
5- Utilisation constante des opposés complémentaires: (Ying / Yang )
6- Utilisation de la force dite interne

Le TRONG BEI CHUAN peut se pratiquer en tant qu'art gestuel qui se suffit à lui-même. C'est une des nombreuses branches du KUNG FU WUSHU chinois. Mais, pour un pratiquant de TAI JI QUAN motivé qui veut réellement progresser vite dans le TAI JI (surtout pour s'initier au TAI JI rapide et même seulement pour éclairer les sensations du TAI JI lent...), le TRONG BEI est un très bon allié ! Un "accélérateur de progrès" en TAI JI QUAN.
De plus, ce style est très ludique et permet de se lâcher un peu (beaucoup!) dans la vitesse et de "travailler" très "physique" mais toujours souple et détendu, tout en sachant que le TRONG BEI est classé, à l'origine (comme le TAI JI QUAN bien sûr), en tant qu'art martial interne (NEI JIN). Il existe bien des exercices à 2 d'applications martiales très lentes au début de la pratique: utilisation de la force de l'esprit, de l'intention, de l'énergie interne et non pas de la simple force musculaire.
Seule l'expérience compte.... à goûter de l'intérieur.... !
il y aurait beaucoup d'autres choses à dire sur le TRONG BEI CHUAN mais, comme dit le proverbe chinois:
"un gramme de pratique vaut mieux que mille livres de théorie"

A
lors, peut-être à bientôt...
 

NB :  le Trong Bei Chuan est accessible à tous car il se pratique lentement en début d'apprentissage, puis la vitesse est éventuellement recherchée.

Tai Ji Wu Hsing Trong Bei Chuan signifie :
TAI JI : union YING / YANG
WU HSING : 5 éléments (ou mouvements)
TRONG BEI : à travers le dos
CHUAN : boxe (lutte à mains nues)

imprimer  imprimer